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Mission Cohésion des territoires du PLF 2021

Ce budget pour 2021 est l’avant-dernier du quinquennat mais on peut d’ores-et-déjà dire que le logement aura été un des plus graves échecs de cette législature.
Le programme du candidat Macron ne contenait pas de véritable réflexion ni une réelle ambition sur la question et depuis son élection, plutôt que de se mettre à l’écoute des acteurs, il a préféré, avec sa majorité parlementaire, plaquer sur cette question leur grille d’analyse libérale.
Alors qu’il y a de plus en plus de mal-logés et de sans-logis dans notre pays, le budget logement n’a cessé de baisser. Résultat : la construction est en berne et dans tous les secteurs – HLM, accession à la propriété, à la ville comme à la campagne, dans le secteur pavillonnaire comme dans le logement collectif- et la part « logement » dans le budget des ménages n’a cessé d’augmenter, creusant encore plus les inégalités sociales. Et le plan de relance n’a rien corrigé en dehors des efforts consentis pour la transition écologique.

Le texte de mon intervention

C’est toujours un crève-cœur pour moi d’intervenir sur le budget du logement, tant mon engagement dans ce domaine est ancien ; à l’instar de celui de François Pupponi et d’autres sans doute dans cet hémicycle, il a pour une large part fondé mon engagement politique et mes combats d’élu.

Ce budget pour 2021 est l’avant-dernier du quinquennat mais on peut d’ores et déjà dire que le logement aura été un des plus graves échecs de cette législature. Le programme du candidat Macron ne contenait pas de véritable réflexion ni une réelle ambition sur la question ; depuis votre arrivée au pouvoir en 2017, plutôt que de vous mettre à l’écoute des acteurs, vous avez préféré plaquer sur cette question votre grille d’analyse libérale. Il est vrai que vous avez été aidés en cela par le zèle de certains fonctionnaires de Bercy qui brûlaient depuis longtemps d’appliquer à ce domaine leurs schémas préconçus.

Résultat : la construction de logements est en berne. Elle n’a cessé de baisser dans tous les secteurs – dans le logement social comme dans l’accession à la propriété, à la ville comme à la campagne, dans le secteur pavillonnaire comme dans le logement collectif. La part du logement dans le budget des ménages n’a cessé d’augmenter, creusant les inégalités sociales, comme le montrent toutes les études à ce sujet. Quinze millions de Français souffrent de mauvaises conditions de logement. Par ailleurs les ghettos, le séparatisme social, la ségrégation sociale se renforcent ; un véritable apartheid urbain séparant riches et pauvres ne cesse de s’aggraver dans certaines métropoles.

Tout cela n’est pas de votre seule responsabilité, bien sûr : cela vient de loin, mais votre politique n’a eu de cesse de dégrader encore la situation et d’amplifier ces phénomènes.

C’est d’autant plus regrettable que notre pays présentait dans ce domaine une spécificité remarquable qui faisait l’envie de beaucoup de nos partenaires européens : la mixité de son économie, qui avançait sur une jambe privée et une jambe publique, associant vision de long terme et gestion de court terme, ce qui lui donnait la capacité d’amortir les crises et de rebondir. Vous avez amputé la jambe publique en affaiblissant les organismes HLM, notamment avec la réduction des loyers de solidarité, ce qui a fait fondre leurs capacités d’investissement et a contribué à la baisse de la construction de logements.

Le génie français, né d’un compromis historique entre le patronat, le mouvement ouvrier et le mouvement mutualiste, avait su au fil des décennies construire une politique de logement apte à faire face aux crises les plus graves. Je pense notamment à l’appel de l’abbé Pierre, dont nous nous souvenons tous.

M. Stéphane Peu. À tout cela, vous avez préféré un modèle « hors-sol », la logique libérale du « tout-marché », étrangère à l’histoire de notre pays. Ce faisant vous agissiez absolument à contre-sens de l’histoire, puisque partout où ce modèle avait été adopté, on lui tourne désormais le dos pour revenir à un interventionnisme d’État et augmenter l’investissement public. Au moment même où vous adoptiez le dispositif de RLS et la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique – ELAN –, en Allemagne, Angela Merkel, qui n’est pas réputée pour son bolchevisme, décidait d’investir 5 milliards dans le logement public et créait un grand organisme social chargé du logement des fonctionnaires. La même évolution s’observe en Angleterre et partout où on avait donné la primauté au marché.

Votre politique, à la fois contresens historique et négation de l’histoire de notre pays, ne pouvait qu’échouer : la crise du logement n’a fait malheureusement que s’aggraver.

Ce ne sont pas seulement les parlementaires, ce sont tous les acteurs du logement qui sont affligés par votre politique. Quand je les rencontre – comme vous, j’imagine –, ils me disent qu’ils ne comprennent ni votre manque d’écoute ni votre incapacité à corriger vos erreurs. Le plan de relance ne prévoit rien pour le logement, en dehors des efforts qui doivent être consentis pour la transition écologique.

Nous aurons l’occasion d’en reparler à l’occasion de l’examen des amendements, notamment à propos de l’attribution de logements et d’Action logement, sujets qui doivent être traités ici, au Parlement, et non par ordonnances.

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