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Expulsions : la trêve hivernale doit être prolongée

Alors que la crise de la Covid19 agit comme un catalyseur des inégalités, enrichissant les plus riches et appauvrissant les plus pauvres, j’ai interrogé la ministre déléguée Brigitte Bourguignon sur diverses mesures permettant d’accompagner les plus précaires.

Au moment où beaucoup de familles connaissent de grandes difficultés, j’ai en particulier demandé à ce que la trêve hivernale soit prolongée au moins jusqu’au printemps 2022 alors qu’elle va prendre fin avec la fin de l’état d’urgence au 31 mai prochain.

La réponse de la ministre n’est nullement satisfaisante car ce sont pas les vagues instructions faite aux préfets de faire une offre d’hébergement aux familles expulsées, qui permettront leur relogement digne et pérenne.

Le texte de mon intervention

Monsieur le Ministre,

Mes chers collègues,

La crise du Covid a agit comme un catalyseur des inégalités. Les plus fragiles se sont fragilisés tandis que les plus riches se sont enrichis. Même chose pour les territoires en décrochage qui se trouvent aujourd’hui un peu plus décrochés, à l’image de la Seine-Saint-Denis qui paie le plus lourd tribut social et sanitaire à la crise.

Vous le savez, cette fragilisation des familles ne fait malheureusement que commencer. À peine entrevoit-on, semble-t-il, la fin du tunnel, je le dis avec d’infinies précaution tant il y aurait à dire sur votre stratégie vaccinale, à peine reprend-t-on un peu espoir que vous remettez immédiatement le cap sur vos objectifs d’affaiblissement sinon d’amputation des amortisseurs sociaux dont nous avons vu combien ils étaient essentiels.

Ne cédez pas à ces vieux réflexes, changez de logiciel, comme d’autre en font le choix, jusqu’aux États-Unis :

  • Je pense bien-sûr à votre politique d’accompagnement du chômage, politique de harcèlement des chômeurs serait plus approprié, avec votre contre-réforme qui s’appliquera intégralement dès le mois de juillet. Renoncez-y !
  • Je pense par ailleurs à votre refus de mettre en place un revenu d’autonomie pour les moins de 25 ans qui ont connu une période de paupérisation sans précédent. Instaurez-le !
  • Je pense aussi à la revalorisation ridicule du RSA, de 0,1 %… alors que le nombre de demandes à cru de 10 %. Augmentez les minimas sociaux !
  • Je pense aux frais bancaires, une manne de 6,5 milliards captées par les banques au détriment des ménages fragiles. Réglementez-les.
  • Je pense enfin à la trêve hivernale et qui, prolongée pendant l’état d’urgence, va prendre fin le 31 mai, sans obligations sérieuses pour les préfets de garantir une solution de relogement durable pour les familles. Prolongez la trêve des expulsions.

Monsieur le Ministre, si comme nous l’espérons tous, la crise de la Covid19 devait être enfin surmontée dans les prochains mois, ne perdons pas de vue que la quatrième vague qui déferle déjà, c’est celle de la misère sociale. Et c’est toujours l’impensé de vos plans de relance comme de déconfinement.

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