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Je défends à l’Assemblée nationale l’augmentation du SMIC et des bas salaires

Aujourd’hui était examinée une proposition de loi du groupe socialiste visant à augmenter le SMIC. S’agissant d’une proposition que j’avais moi-même déposé et défendue, j’ai bien-sûr apporté mon soutien à cette proposition de justice sociale et de relance de l’activité économique.

Alors que les inégalités explosent, alors que les plus riches ont vu leur richesses s’accroître plus ces dix-neuf derniers mois que depuis 10 ans, et après des décennies de « modération » salariale au nom de la compétitivité, il y a urgence à augmenter le SMIC et tous les bas salaires.

C’est la meilleure reconnaissance que nous puissions offrir à la contribution de ces millions de salariés qui ont tenus la France debout pendant la crise sanitaire.

Le texte de mon intervention

Monsieur le Président,

Madame la ministre,

Monsieur le rapporteur,

Chers collègues,

Jamais les inégalités n’ont été aussi flagrantes dans notre pays. Le dernier rapport d’OXFAM, publié cette semaine, montre que la fortune des milliardaires a augmenté plus rapidement en 19 mois de pandémie que sur les dix dernières cumulées. Les performances financières des entreprises du CAC 40 ont atteint des sommets avec une envolée des valeurs boursières de 29 % en 2021. Parallèlement, la majorité des salariés de notre pays subit une modération salariale entamée depuis de trop longues années.

Conjuguée à une inflation galopante et au poids croissant des dépenses contraintes, de nombreux ménages ont le sentiment que le travail ne paye plus suffisamment. Rien d’étonnant alors à constater que le pouvoir d’achat figure parmi les premières préoccupations de nos concitoyens.

La crise sanitaire a révélé le caractère indécent et insoutenable de l’explosion de la rémunération du capital et du creusement des inégalités salariales. Elle a rappelé que nos sociétés s’appuient sur des millions de travailleurs indispensables mais mal payés, principalement dans le secteur des services. Ce sont des livreurs, des agents d’entretien, des caissières, des aides à domicile, des ouvriers du bâtiment. A une écrasante majorité, ces travailleurs « essentiels », ces salariés de la seconde ligne, sont payés 30 % de moins que la moyenne des Français, peu formés ou promus, précarisés par les contrats courts et le temps partiel subi, et plus souvent victimes d’accident du travail.

Tous ces constats appellent indéniablement à des revalorisations salariales massives à l’heure de la reprise économique et de l’envolée des prix. L’inflation a atteint 2,8% en 2021 et cela devrait se poursuivre sur la même lancée en 2022. Dans plusieurs secteurs, les employeurs peinent à recruter, à l’image de l’hôtellerie-restauration. Des difficultés de recrutement qui s’expliquent en grande partie par des salaires insuffisants et des conditions d’emploi difficiles.

Le débat sur la hausse du SMIC et des bas salaires doit être mis à l’agenda des priorités politiques, comme le prévoit la présente proposition de loi. Il n’est plus possible, comme le fait le Gouvernement, de se contenter du minimum en matière de politique salariale avec des revalorisations automatiques du SMIC prévues par la loi qui ne font que compenser la progression du coût de la vie. Suivant scrupuleusement les recommandations du groupe d’experts sur le SMIC composé principalement d’économistes libéraux, vous avez toujours refusé de donner un coup de pouce en faveur des 2 millions salariés concernés. Au plus fort de la crise des gilets jaunes, vous avez concédé une hausse de 100 euros de la prime d’activité au niveau du SMIC sans mettre à contribution les employeurs. A la différence du salaire socialisé, cette prestation n’implique pas de versement de cotisations sociales et n’engendre aucun droit à la retraite ou à l’assurance chômage.

La survenue de la pandémie ne vous a pas fait dévier de votre ligne. Vous vous êtes limités à des déclarations de bonnes intentions depuis deux ans, en renvoyant aux branches professionnelles et aux employeurs la nécessité d’augmenter les rémunérations sans les contraindre pour autant. Aujourd’hui, les négociations restent embourbées dans de nombreux secteurs ou semblent insuffisantes, ce qui alimente la colère des salariés.

Vous voulez que « le travail paye » pour reprendre vos mots. Nous pouvons le faire dès aujourd’hui en portant le SMIC à 1828 euros bruts soit 1425 euros nets. Les exemples de nos voisins européens montrent que cette solution est possible et souhaitable. Le salaire minimum britannique a augmenté de près d’un tiers depuis 2015 et le taux de chômage n’a jamais été aussi faible. De même, les gouvernements allemand et espagnol se sont engagés dans cette voie sans connaître de destructions d’emplois. A l’inverse, nous constatons partout que ces orientations permettent l’enclenchement d’un nouveau cycle bénéfique pour l’ensemble de l’économie et les travailleurs.

Alors que le Président de la République s’est prononcé en faveur d’un SMIC européen cette semaine au Parlement européen, il est urgent de mettre à l’ordre du jour une relance du partage des richesses dans notre pays. Il est urgent de redonner du pouvoir d’achat à nos concitoyens qui subissent les hausses de prix. Il est urgent de reconnaître l’utilité sociale de ces millions de travailleurs essentiels à travers de meilleurs salaires. C’est pourquoi notre groupe votera ce texte.

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