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Lettre du député #11 (Décembre 2020)

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L’interview

“On peut sortir de cette crise”

Était-il possible de faire mieux que le gouvernement pour faire face à la pandémie de la Covid19 ?

Stéphane Peu : Je ne veux pas polémiquer. Gouverner en temps de coronavirus n’est pas une chose simple, d’autant que rien n’avait été fait pour anticiper une crise que les spécialistes annonçaient comme probable. Certes il y a eu les incohérences, les ordres et les contrordres, parfois les mensonges. Mais je note surtout que nous avons collectivement su faire face. La population d’abord, lorsqu’on lui a fait confiance, lorsqu’on s’est adressé à son intelligence. Il y a quelque chose qui a changé dans le pays.

Qu’est-ce qui a changé selon vous ?

S.P. : D’abord, beaucoup de salariés modestes, parfois méprisés par le pouvoir macronien, « ceux qui ne sont rien », ont montré à quel point ils étaient indispensables : pour nous fournir les produits essentiels, nous transporter, nous débarrasser de nos poubelles, et bien sûr nous soigner. Il va falloir maintenant penser à les remercier avec plus que des applaudissements. Je note aussi que l’État, les services publics, les communes, en particulier ici en Seine-Saint-Denis, ont montré à quel point ils n’étaient pas un coût, mais un moyen pour s’en sortir ensemble en temps de crise. Le gouvernement devrait en tirer les leçons.

On parle d’un vaccin. Que faut-il en penser ?

S.P. : D’abord, je ne suis pas médecin. Mais je crois qu’il est indispensable de remettre un peu de raison dans nos débats. Depuis le début de la crise, certains se sont engouffrés dans le débat légitime entre scientifiques. Et le gouvernement n’a pas aidé en donnant un grand sentiment de flou. Plusieurs vaccins sont en cours d’élaboration et de test. Certains semblent extrêmement prometteurs. Cela peut être une véritable chance pour en finir avec cette crise. La vraie question est de savoir ce que le gouvernement a prévu pour que chacune et chacun puisse y avoir accès s’il le souhaite : y en aura-t-il suffisamment pour tous et comment sera-t-il remboursé ?

Vous reprochez une dérive autoritaire du pouvoir. Pourquoi ?

S.P. : Ce qui est frappant avec E. Macron, en particulier depuis le début de la crise, c’est l’hyperprésidentialisme. Tout semble décidé depuis l’Élysée, par un chef de l’État entouré des militaires du conseil de défense. C’est un problème. D’abord les Français n’ont pas envie que leur vie, ce qu’ils ont le droit de faire ou pas, dépende de l’avis d’une seule personne. Et puis c’est inquiétant pour notre démocratie. Nous passons notre temps depuis 2015 à vivre sous le régime de l’état d’urgence, qui court-circuite nos institutions. Ce n’est pas sain.

La gauche apparaît affaiblie et divisée. Est-ce une fatalité ?

S.P. : J’échange tous les jours avec mes concitoyens. Tous se posent des questions mais tous savent qu’on ne peut pas continuer comme avant, qu’il faut faire du neuf. La gauche a une responsabilité immense pour concrétiser une alternative de progrès et déjouer le duo Macron/Le Pen.
Personnellement, je mets toute mon énergie pour que les divisions cessent et que la gauche sache se rassembler à l’occasion des prochaines échéances électorales, les régionales et les départementales bien-sûr, mais également à la présidentielle de 2022. •

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