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Une résolution source de confusion pour le combat contre l’antisémitisme

L’Assemblée examinait mardi 3 décembre 2019 un projet de résolution sur l’antisémitisme. Si cette résolution permettait d’avancer ne serait-ce que d’un millimètre dans la lutte contre l’antisémitisme, je l’aurai voté.

Au contraire, cette résolution porte le risque de fragiliser l’approche universelle et indivisible du combat anti-raciste.

Je rejoins en ce sens l’opinion formulée il y a quelques jours par 127 intellectuels juifs, que l’antisionisme est une opinion, pas l’antisémitisme.

Mettre un signe d’égalité entre antisionisme et antisémitisme n’est rien d’autre que la volonté de faire taire toute critique de la politique menée par le gouvernement israélien.

Le texte de mon intervention

Il est nécessaire de trouver les moyens de lutter plus efficacement contre le racisme et l’antisémitisme et, pour cela, vous trouverez, toujours et en toutes circonstances, les députés communistes à vos côtés.

Ce serait d’ailleurs utile car, après avoir connu une décrue pendant quelques années, le nombre des actes antisémites est reparti fortement à la hausse au cours des deux dernières années.

Mes chers collègues, si cette proposition de résolution nous permettait d’avancer sur ce chemin, ne serait-ce que d’un centimètre, nous n’hésiterions pas à la soutenir. Nous pensons néanmoins que tel n’est pas le cas. Au contraire, ce texte est selon nous une source de confusion préjudiciable au combat commun parce que les interprétations qu’il ouvre sont sujettes à débats et donc à polémiques.

Or le combat contre l’antisémitisme n’a pas besoin de polémiques, il a besoin de convergence, d’unité et de clarté. À cet égard, nous partageons le point de vue de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, qui nous alerte sur le risque « de fragiliser l’approche universelle et indivisible du combat antiraciste ». Autrement dit, il serait dangereux de hiérarchiser les combats antiracistes ou les racismes eux-mêmes.

C’est aussi, d’une certaine manière, ce que disent les 127 intellectuels juifs dans leur tribune publiée hier.

Ils y rappellent utilement que l’antisionisme est une opinion qui existe au sein même de la communauté juive et qui est exprimée par des citoyens juifs depuis fort longtemps.

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Chers collègues, nous sommes prêts à reconnaître que les vôtres sont louables, mais entendez nos réserves. La lutte contre l’antisémitisme, combat permanent et fondamental, prendrait un risque considérable si elle devait être détournée et mise au service d’une limitation du droit de critiquer quelque projet politique que ce soit.

Les députés du groupe communiste, déterminés à ne pas baisser la garde, ne perdent pas de vue que le pire serait de nous diviser sur la portée universelle de ce combat. C’est la raison pour laquelle nous ne voterons pas pour cette proposition de résolution.

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