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Lettre du député #15 (novembre 2021)

L’interview

Vous parlez de la Seine-Saint-Denis dans quasiment toutes vos interventions dans l’hémicycle, à l’Assemblée nationale. C’est une idée fixe ?

Stéphane Peu : C’est vrai que je fais souvent référence à la Seine-Saint-Denis. Je suis un député de la nation, pas seulement de ce département, mais que voulez-vous, beaucoup trop de gens en parlent sans le connaître, et souvent pour le caricaturer. Cela me hérisse !

C’est un territoire qui mérite d’être défendu. D’abord parce qu’il est plein de talents, plein d’une jeunesse qui veut s’en sortir et qui ne demande qu’une chose : qu’on lui fasse confiance. Et puis il faut aussi dénoncer la double peine dont nous sommes victimes. Non seulement notre département est l’un des plus pauvres, mais en plus il est l’un de ceux dont la population perçoit le moins d’aides publiques contrairement aux idées reçues.

Vous dénoncez une hypocrisie.

SP : Oui, l’hypocrisie est totale. On fait des lois d’un côté pour demander, à juste titre, le respect des principes de la République, mais l’État lui-même s’empresse de les bafouer en ne respectant pas la promesse d’égalité républicaine, puisqu’ici nos services publics ont moins de tout : moins de profs, moins de policiers, moins de magistrats ou encore moins d’infirmières.

Alors oui, il faut une voix à l’Assemblée nationale pour faire entendre la Seine-Saint-Denis.

Vous parlez d’apartheid social…

SP : Je sais que le mot est fort. Je l’ai repris à Jean-Pierre Chevènement qui en 1998, alors ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin, dénonçait un apartheid social en Île-de-France. Aujourd’hui, c’est encore plus vrai, et cela pourrait même s’aggraver.

En ce moment, l’Assemblée nationale examine un projet de loi qui s’appelle « 3DS », une loi très vaste qui a d’importantes répercutions sur un sujet qui me préoccupe, le logement.

Or, sous couvert de décentralisation, la droite et le gouvernement s’en prennent au logement HLM, en essayant de réduire la portée de la loi SRU qui impose aux communes de construire au moins 25 % de logements sociaux. On ne peut pas laisser passer cela.

Quelles seront vos priorités pour cette fin de mandat ?

SP : Je veux finir ce mandat comme je l’ai mené depuis le début, sur deux jambes : une jambe à l’Assemblée et une jambe en circonscription, fidèle à mes engagements.

Et puis bientôt viendra le temps du bilan. Nous y travaillons avec mon équipe. C’est aussi la raison pour laquelle

j’ai mené un cycle de rencontres publiques cet automne. Elles m’ont beaucoup apporté. Et elles montrent aussi qu’il y a encore du pain sur la planche. •

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