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Il souffle un vent mauvais sur le pays

« La justice sans la force c’est l’impuissance, la force sans la justice, c’est la tyrannie ». Lors de la séance des questions au gouvernement du mardi 25 mai, j’ai interpellé le premier ministre sur une dérive très préoccupante qui menace notre état de droit et la tenue du débat public.

Quand depuis 4 ans près de 50% des lois votées sont censurés par le conseil constitutionnel, quand des représentants de policiers veulent revenir sur la séparation des pouvoirs, et lorsqu’un ministre de l’Intérieur veut porter plainte contre Audrey Pulvar, une candidate aux élections régionales qui exprime un point de vue parfaitement légitime, alors oui, un vent mauvais souffle sur notre pays.

Retrouvez ma question au gouvernement, et la (non) réponse du ministre de l’Intérieur qui préfère la fausse polémique et l’outrance, que d’affronter la mise en garde des députés communistes.

Le texte de ma question

Ma question au Premier ministre,

Je veux M. le premier ministre, me faire l’écho de notre très sérieuse inquiétude, et qui est celle de nombreux français, devant une forme de dérive grave du pouvoir exécutif qui met en péril l’état de droit, et menace le débat public. Elle s’est manifestée à deux reprises ces derniers jours.

Mercredi alors que se réunissaient les policiers en deuil devant notre Assemblée, en présence du ministre de l’Intérieur et de plusieurs d’entre nous, des syndicalistes ont fustigé le pouvoir judiciaire, l’Assemblée nationale et notre Constitution.

Et dimanche, le ministre de l’Intérieur, annonçait vouloir porter plainte contre Audrey Pulvar.

Nous prenons solennellement la parole pour vous mettre en garde contre ces propos et ces actes inquiétants.

Inquiétants quand, oublieux des mots de Pascal qui prévenait « La justice sans la force c’est l’impuissance, la force sans la justice, c’est la tyrannie », vous vous soumettez le jour même aux injonctions en amendant votre loi Justice.

Inquiétante aussi la conception du débat public par le gouvernement, quand il interdit de manifester la solidarité avec le peuple Palestinien, ou lorsqu’il souhaite censurer une candidate à l’élection régionale.

Inquiétantes également les libertés prises avec notre Constitution, quand près de 50 % des textes de cette législature, sont déclarés inconstitutionnels.

Inquiétant enfin ce vent mauvais qui souffle sur le pays, quand aux portes de l’Assemblée, on réclame de « faire sauter les digues de la loi et de la constitution ».

Oui, ces mots sont effectivement glaçants.

Alors, M. le Premier ministre, serez-vous cette digue, allez-vous vous souvenir des mots de Montesquieu : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses le pouvoir arrête le pouvoir. »

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