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Le classement du Sacré-cœur est une profonde attaque de notre histoire républicaine

M. Stéphane Peu attire l’attention de Madame la Ministre de la Culture sur le classement en monument historique de la basilique du Sacré-Cœur à Paris, en 2021.

Le 20 octobre dernier, six représentants officiels des pouvoirs publics se sont réunis afin d’annoncer le classement en monument historique de la basilique du Sacré-Cœur durant l’année 2021.

Présenté sous les traits de la simple formalité administrative par le ministère de la Culture et ses représentants, chacun sait en réalité que cet acte constitue une profonde attaque contre notre histoire républicaine, la Commune de Paris et la mémoire des communards.

En effet, si le vœu de construire le Sacré-Cœur a été lancé quelques mois avant le déclenchement de la Commune de Paris, le sanctuaire est imaginé dès le départ comme un moyen de conjurer les révolutions ayant eu lieu en France depuis 1789, celles-ci étant considérées par les conservateurs comme moralement responsables de la défaite de la France face à la Prusse. C’est en 1873, aux termes des débats houleux entourant le vote de la loi reconnaissant l’utilité publique de l’édifice, que les monarchistes, majoritaires à l’Assemblée nationale, font référence pour la première fois à la Commune de Paris, en approuvant la construction de la basilique au motif que celle-ci permettra d’expier les « crimes de la Commune ». En 1875, à l’occasion de la pose de la première pierre, les communards sont alors décrits par le cardinal Guibert, comme des « énergumènes avinés (…) hostiles à toute idée religieuse et que la haine de l’Église semblait surtout animer ».

Ainsi conçue comme le symbole par excellence de l’anti-Commune et signe tangible de l’ordre moral, la basilique du Sacré-Cœur est dénoncée en tant que telle par celles et ceux qui, comme nous, souhaitent défendre l’héritage laissé par les communards, dont il faut rappeler que 20 000 d’entre eux au moins, perdirent la vie durant la semaine sanglante de mai 1871.

Alors que l’état général du bâtiment ne justifie en rien un classement aux monuments historiques, le député regrette d’autant plus une décision qui s’inscrit à quelques mois du 150e anniversaire de la Commune et plus singulièrement encore, dans un moment où notre République et ses valeurs fondamentales sont attaquées de toutes parts.

En conséquence, le député souhaite que le ministère revienne sur cette décision, au nom de la défense de la République, de la Commune, des communards, et des valeurs de liberté, d’égalité de fraternité et de laïcité portées haut et fort par Louise Michel et ses compagnons.

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