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Demande de révision du projet de rénovation de la Gare du Nord

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M. Stéphane Peu alerte M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports sur les graves incohérences soulevées par le projet de rénovation de la gare du Nord porté conjointement par la SNCF et la société Ceetrus, filiale du groupe Auchan.

Cette gare qui est la première gare d’Europe et qui accueille quotidiennement 700.000 voyageurs (un chiffre qui devrait atteindre 900.000 d’ici 10 ans) dont une majeure partie sont des travailleuses et travailleurs francilien·ne·s, nécessite certes des travaux de réhabilitation et de modernisation, à l’instar de tant d’infrastructures de transports (gares, voies…).

Mais aussi bien le choix de la SNCF de s’associer à un géant privé de la grande distribution que le projet qui résulte de cette collaboration sont particulièrement inadaptés. Ils résultent d’une logique bien connue, celle consistant à apprécier les usagers des transports en commun comme un flux de consommateurs potentiels, sur le trajet desquels il convient de placer des magasins et autres centres commerciaux. Dans cette association, ce ne sont pas les finalités qui devraient être celle de l’entreprise publique SNCF qui prévalent, c’est-à-dire la réponse aux besoins des usagers, mais les intérêts du groupe Auchan. Alors que ce groupe ferme en ce moment même des dizaines de supermarchés dans le pays, avec de graves conséquences sur l’emploi, il entend faire main basse un équipement aussi stratégique que la gare du Nord.

C’est un nouvel exemple inacceptable des fameux partenariats public/privé, dont tous les exemples montrent qu’ils se font systématiquement au détriment de la puissance publique et au bénéfice du privé. C’est aussi le résultat du processus de privatisation des gares et de marchandisation du domaine public ferroviaire prévu par le pacte ferroviaire, et la démonstration que le changement de statut de la SNCF voulut par le gouvernement en la transformant en société anonyme impacte sa philosophie et ses finalités.

Alors que le service public ferroviaire est largement menacé, et que les usagers, faute d’investissement public, connaissent déjà de nombreuses difficultés, retards et incommodités dans leur fréquentation des transports en commun, la réponse du service public ne saurait être de compliquer un peu plus leur vie. Ils ont besoin d’une gare moderne, facilitant la fluidité et la multimodalité des transports, d’un lieu confortable et sûr, non d’un temple commercial supplémentaire.

En outre, cette gare ouverte en 1846 constitue un témoignage architectural précieux, qu’en ces journées du patrimoine, il conviendrait de préserver et de valoriser, et non de soumettre au fonctionnalisme glacial des architectures commerciales.
Alors que les réticences ou oppositions au projet se multiplient, de la part des élus locaux, des associations d’usagers aussi bien que d’architectes et d’urbanistes de renom, il est désormais clair qu’il faut suspendre le projet actuel et remettre à l’étude un projet de modernisation qui soit conforme à l’intérêt des citoyennes et citoyens.

M. le député sollicite l’intervention M. le Secrétaire d’État, auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports, en direction de la SNCF, afin que le projet en cours soit suspendu et repensé.

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