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L’interview de rentrée : “Toujours à vos côtés”

L’interview de Stéphane Peu publiée dans sa lettre de rentrée.

Vous êtes député de la Seine-Saint-Denis depuis maintenant deux ans. Quel bilan tirez-vous ?

Stéphane Peu : Je suis frappé par l’ampleur de l’attaque menée par le gouvernement contre notre modèle social. Et je suis abasourdi par le suivisme des députés de la majorité face cette entreprise de démolition. C’est un changement de société complet qui est à l’œuvre. Le Président Macron n’a qu’un objectif : aligner la France sur les standards de la mondialisation libérale. Et pour cela, il est prêt à bouleverser complètement l’équilibre existant entre action publique et initiative privée.

Ce changement n’est-il pas nécessaire ?

S.P. : Il y a besoin de changement, mais dans le sens du progrès social et écologique. Or la société du tout-marché et du tout-finance, où veut nous conduire La République en marche, est un échec complet. C’est la société du productivisme, source d’une crise écologique et climatique que plus personne ne peut ignorer.

C’est aussi un projet qui alimente une spéculation financière hors de contrôle et dont tous les spécialistes prédisent qu’elle risque de conduire, peut-être à très court terme, à une nouvelle crise financière d’ampleur inégalée. Et puis c’est un projet qui détruit les services publics, l’école, la justice, l’hôpital public et la sécurité sociale, le ciment de notre société, ce qui fait l’originalité de la France, et même sa grandeur.

Pourtant, Emmanuel Macron prétend défendre ce modèle…

S.P. : C’est le double discours permanent avec lui. Par exemple la signature du CETA : ce traité au service du libre-échange contre les peuples, contre la planète, est une parfaite illustration du « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ». Autre exemple : il condamne, à juste titre, le Président brésilien qui laisse l’Amazonie partir en fumée, mais « en même temps » il accorde en Guyane 360  000 hectares de permis miniers d’exploration et d’exploitation.

Sur les retraites, il fait mine de tenir un discours d’égalité, mais sa réforme n’a en réalité qu’un objectif : faire baisser les pensions et reculer l’âge de départ à 64 ans.

Vous accordez beaucoup d’importance à la Seine-Saint-Denis dans votre travail de parlementaire…

S.P. : C’est parce qu’elle subit de plein fouet cette politique. Notre département est jeune, riche de talents dans tous les domaines, et pourtant l’État y est encore moins présent qu’ailleurs : moins de profs, moins de professionnels de santé, moins de policiers, moins de juges, etc.

Parce que je me bats pour l’égalité des territoires, je me bats pour notre département qui la mérite.

Vous incarnez la résistance à ces politiques. Mais croyez-vous possible de faire plus, de construire une alternative ?

S.P. : Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ils se sont répartis les rôles. Il faut bousculer ce scénario, déjouer le piège tendu par les libéraux et les fachos. Pour cela, la gauche doit se ressaisir, travailler à un nouveau projet et se rassembler plutôt que défendre ses intérêts de boutique.

Les municipales seront un premier défi à réussir en ce sens.

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