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Constat alarmant des acteurs de terrain deux ans après le lancement du plan gouvernemental « Un Etat plus fort en Seine-Saint-Denis »

Lundi 31 janvier 2022 en soirée avait lieu en séance publique à l’Assemblée nationale, un débat visant à évaluer le plan gouvernemental « Un État plus fort en Seine-Saint-Denis », présenté le 31 octobre 2019 par le Premier ministre, Edouard Philippe.

Un débat que j’ai initié avec mon groupe parlementaire, dans le cadre du contrôle du gouvernement par le parlement, et au cours duquel j’ai demandé à des représentants du monde judiciaire, de la police et de l’Éducation nationale de nous livrer leur témoignage de praticiens du terrain sur les effets de ce plan dans leur quotidien. 

Le résultat est sans appel : les 23 engagements pris n’ont pas été tenus ou se sont étiolés au fil des mois.  La rupture d’égalité républicaine dénoncée dans le rapport parlementaire sur l’évaluation de l’action de l’État dans l’exercice de ses missions régaliennes en Seine-Saint-Denis dit « rapport Kokuendo/Cornut-Gentille » est donc toujours aussi prégnante dans ce département.

Une situation très préoccupante mais que le gouvernement semble feindre si l’on en croit les paroles de la ministre présente – Madame Nadia HAI- qui, outre son ton un brin provocateur et donneur de leçon, n’a cessé de mentir sur les chiffres.

Aussi, face au refus gouvernemental d’entendre la parole de ces acteurs de terrain, je souhaite que le travail de vérité ouvert par le rapport se poursuive rapidement car les habitants de ce département n’ont pas besoin mesures d’exception mais seulement que les grands ministères jouent pleinement leur rôle, ni plus ni moins qu’ailleurs.

Revoir la séance

Quelques citations des intervenants 

Amine GHENIM, Bâtonnier de la Seine-Saint-Denis.

« Aujourd’hui nous sommes très très loin de ce qu’il faudrait en moyens humains pour aboutir à un fonctionnement à peu près harmonieux de nos juridictions »

Albertine MUNOZ, Juge d’application des peines au Tribunal de Grande Instance de Bobigny

« Nous sommes en Seine-Saint-Denis par vocation, pour servir l’Etat…et aujourd’hui on en a honte ! (…) 140 magistrats du siège, et selon la moyenne européenne qui fait référence nous devrions être 292 magistrats ! La situation est encore plus catastrophique du côté du parquet : actuellement il n’y a que 53 parquetiers alors qu’ils devraient être 188 magistrats et il y a 565 fonctionnaires de greffe au sein du tribunal judiciaire de Bobigny pour être dans la moyenne européenne il en faudrait 1240 »

Grégory THUIZAT, secrétaire départemental du Snes-FSU 93

« La continuité de l’enseignement n’est toujours pas assurée en Seine-Saint-Denis alors même que des postes sont supprimées à chaque rentrée (…) Si on veut faire un Etat plus fort en Seine-Saint-Denis, il faudrait commencer par ne pas l’affaiblir.  Le rectorat n’était plus en mesure à la fin de l’année 2021 d’assurer les remplacements faute de crédit : des centaines d’heures d’enseignement ont donc été perdues par les élèves. Il faut a minima un doublement des effectifs d’enseignants en charge du suivi des élèves en situation de handicap »

Erwan GUERMEUR, Secrétaire département d’Unité SGP-Police

« En 2015 il y avait 3664 agents du corps d’encadrement et d’application – policiers présents sur la voie publique- en janvier 2022 il y en a 3627.  Il faudrait au moins 300 agents d’encadrement et d’application en plus dans le département. On a l’impression qu’il y a un plafond d’emplois à ne pas dépasser dans le département.  On se demande si les enjeux sécuritaires de la Seine-Saint-Denis sont pris en compte. Pour occuper le terrain il n’y a pas de secret : il faut des effectifs. La priorité pour la police dans le département : c’est le recrutement ! Avec la multiplication des polices municipales, l’Etat se désengage de sa mission régalienne d’assurer la sécurité de tous les concitoyens. » 

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