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78e anniversaire du Conseil national de la résistance

Allocution du 27 mai 2021

Mesdames et messieurs,

Nous sommes assemblés pour commémorer la création du Conseil national de la Résistance, il y a 78 ans, jour pour jour.

Je veux retenir trois idées fortes de ce que le 27 mai 1943 représente, de ce dont il est l’aboutissement, mais aussi de ce dont il est le début.

La première, c’est celle de l’unité. Les résistances décidaient de devenir la Résistance. Cette unification de forces différentes, de natures différentes, de cultures politiques différentes, fût l’aboutissement d’un processus lent et difficile.

Mais l’histoire s’accélère ce jour de mai 43, et les 19 qui sont assemblés et représentent les mouvements de résistance, mais aussi des partis politiques, des syndicats, vont trouver avec l’aide de Jean Moulin, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, la ressource de lever les derniers obstacles. En ce printemps qui succède à l’hiver 42/43, après la bataille de Stalingrad, après le débarquement anglo-normand en Algérie, l’espoir renaît et l’Allemagne nazie ne semble plus si invincible. Il est clair au yeux de ceux qui se réunissent rue du Four à Paris, que seul compte désormais le combat commun et la victoire possible au bout.

L’unité est donc nécessaire. D’autant plus que les américains, à cette heure encore trop bienveillants à l’égard de Vichy, parient sur Giraud pour qu’il dirige une France sous autorité américaine. Or nul ne veut, parmi les mouvements résistants, à commencer par les gaullistes et les communistes, que puisse succéder après la botte nazie, la moindre tutelle, fût-elle bienveillante, de nos amis américains.

Le second enseignement que je veux retenir, c’est celui du courage. Ce 27 mai, nous commémorons aussi la mémoire de celles et ceux qui ont fait le choix de la lutte plutôt que celui de la soumission.

Je veux évoquer ici le courage de Jean Moulin qui dès juin 1940, alors Préfet à Chartres, refusant de signer un document établi par les Allemands accusant à tort les troupes sénégalaises de l’Armée française de massacres sur les civils, préféra endurer les coups des nervis nazi plutôt que de céder.

Je pense aussi au courage de l’ancien Maire de Saint-Denis, le communiste Auguste Gillot, et celui de sa femme, Simone Gillot. C’est dans la clandestinité qu’ils se rencontrèrent, sous d’autres prénoms, ceux de Lucien et de Catherine. Et comme s’il ne suffisait pas de trembler à sa propre arrestation, c’est pour deux qu’ils tremblèrent jusqu’à la fin de la guerre. Auguste Gillot, son nom aussi est associé au Conseil National de la Résistance, puisqu’il y représenta jusqu’à la fin de la guerre, le Parti communiste français.

A l’unité, et au courage,… je veux ajouter une dernière idée. Celle de l’espoir.

Oui, le Conseil national de la Résistance, c’est bien-sur l’espoir. Et pas seulement celui d’une victoire des armes, mais aussi l’espoir d’une France à reconstruire, de jours heureux à faire advenir.

Le CNR, c’est bien-sûr son programme politique, même si en pleine guerre, cette perspective n’est qu’un point de lumière au coeur des ténèbres. Un projet inspiré par les valeurs essentielles de notre République : la liberté, la justice sociale, la solidarité, le rejet de l’intolérance. Un projet qui conduira à d’importantes avancées : la nationalisation de l’énergie et de grands moyens de production, le régime général de la sécurité sociale, le statut de la fonction publique, le droit de vote des femmes, de nouvelles conquêtes pour les droits des travailleurs, mais aussi la garantie de libertés fondamentales, d’association, de syndicat et d’une presse indépendante.

Des avancées précieuses encore aujourd’hui, sans cesse attaquées et devant sans cesse être défendues.

Je veux pour finir citer la mise en garde de Robert Chambeiron, compagnon de lutte de Jean Moulin au sein du CNR, qui s’inquiétait peu de temps avant sa disparition, en décembre 2014 :

« Aujourd’hui, les valeurs de 
la Résistance sont menacées. On voit resurgir de plus 
en plus de campagnes de dénigrement, l’apologie 
de Vichy, le racisme est quotidien. Cela signifie que les valeurs humanistes ne sont pas acquises pour toujours. Nous devons nous unir, lutter avec fermeté et sans concession contre les résurgences du nazisme et du racisme. Autrement dit, au volontariat que fut le nôtre, 
il y a soixante-dix ans, doit succéder un nouveau volontariat au service des valeurs de la Résistance. »

Faisons nôtre le message d’unité, de courage et d’espoir de cette France résistante, de cette France volontaire, et sachons le transmettre aux jeunes générations puisque tel est le sens profond du travail de mémoire.

Je vous remercie.

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