48 rue de la République – ma question écrite au Premier ministre

Il y a deux ans, le RAID et la BRI menaient l’assaut du 48 rue de la république pour neutraliser des membres du réseau terroriste des attentats du 13 novembre, retranchés depuis quelques heures dans l’immeuble.

Deux ans après, le traumatisme est malheureusement intact, et le sort des occupants et des propriétaires de cet immeuble n’est toujours pas réglé.

Devant cette lenteur, j’ai déposé une question écrite adressée au Premier ministre pour obtenir des précisions et des réponses de nature à rassurer les victimes, les propriétaires et la municipalité.

 

“M. Stéphane Peu interroge M. le Premier ministre sur les victimes du 48 rue de la République à Saint-Denis (93200). Il y a deux ans, le 18 novembre 2015, en pleine nuit, le RAID et la BRI menaient l’assaut du 48 rue de la République afin de neutraliser des membres du réseau terroriste des attentats du 13 novembre 2015, qui s’y étaient retranchés quelques heures plus tôt. Cette opération antiterroriste durera plusieurs heures durant lesquelles plusieurs milliers de balles seront tirées. Victimes collatérales de cette opération, les 47 ménages soit plus de 80 personnes (adultes et enfants) de cet immeuble ont vu en quelques instants leur vie basculer. Ces victimes doivent être traitées dignement. De l’aveu même des policiers antiterroristes, 95 % des policiers et des militaires de ce pays partent en retraite sans avoir connu une scène de guerre aussi intense et violente que celle vécues par ces hommes, ces femmes et ces enfants.

Traumatisés par la violence de l’opération, évacués brutalement et définitivement de leur logement – l’immeuble ayant été déclaré inhabitable depuis – leur désarroi deux ans après est immense. L’Etat ayant pris un retard considérable dans les premières semaines qui ont suivi l’assaut, et malgré sa remobilisation depuis, cinq questions restent à ce jour en suspens :

1- Ces ménages doivent être reconnus au titre du statut de victimes du terrorisme. Ce serait la juste reconnaissance de ce qu’ils ont vécu et, en outre, ils pourraient bénéficier des indemnisations et des suivis sanitaire et psychologique nécessaires à leur reconstruction.

2- Les personnes sans titre de séjour le jour de l’assaut doivent pouvoir bénéficier d’une régularisation administrative à titre humanitaire, à l’instar des victimes des incendies meurtriers de l’hôtel Paris-Opéra, de la rue du roi doré, du boulevard Vincent Auriol, …). Or, aujourd’hui, il reste encore des personnes non régularisées.

3- Le relogement des ménages n’est pas achevé. La ville et le bailleur public local ayant supporté la grande majorité des relogements. L’Etat doit prendre le relais pour les derniers ménages encore en attente d’un toit digne et durable.

4- La procédure en indemnisation des propriétaires est toujours en cours et aucune indemnisation n’a encore été versée par l’Etat. L’impatience des propriétaires est légitime et doit donc prendre fin au plus vite.

5- Devant l’incapacité de la copropriété à réhabiliter cet immeuble, la ville a demandé un avenant au PNRQAD pour financer la restructuration de cet ensemble immobilier. Malgré un accord de principe de l’ANRU, la ville est dans l’attente de la signature de cette convention pour la mise en œuvre opérationnelle.

Aussi, Monsieur le Premier ministre pourriez-vous sur ces cinq questions m’apporter des précisions et des réponses de nature à rassurer les victimes, les propriétaires et la municipalité.”

Cet article comporte 1 commentaire

  1. Merci, enfin du soutien pour ceux qui ont été mis de côté et oublié depuis 2 ans ! Soutient a tout les habitants et propriétaires à la rue depuis cette attaque effroyable . Bon courage.

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